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Doctorat, Doctorat pas ?

4 décembre 2012 Laisser un commentaire

Cet article n’a pas pour but d’assener des vérités à ceux qui vont le lire, ni de généraliser ce qui va être dit à toutes les universités françaises (et a fortiori du monde entier). Il se veut simplement le reflet d’une expérience personnelle en droit privé, dans une faculté donnée et le point de vue qui y est exprimé n’engage naturellement que son auteur.

* * *

La thèse, parcours (idyllique ?) d’un enseignant en herbe

I – Une histoire de montagne

Commençons par le commencement (qui n’en est pas un finalement du point de vue d’un étudiant en Master !)

Début de Master II. Les enseignants qui dirigent le master ou interviennent simplement dedans commencent, tranquillement mais sûrement, à prospecter et à chercher de futurs étudiants thésards. L’idée avancée à ce moment-là est qu’une thèse est une expérience formidable, en tout cas très riche intellectuellement parlant, et on se prête à confier à l’étudiant alerte, au détour d’une conversation, que le « stock d’enseignants » va se renouveler et qu’il y aura de la place. En bref, une voie royale pour une profession royale. D’autres, plus mesurés, expliquent que le doctorat se mérite et qu’une thèse reste un exercice de fond particulièrement difficile, tant intellectuellement que psychologiquement.

Là où ces enseignants n’ont pas torts, c’est que le doctorat est effectivement enrichissant intellectuellement parlant et fait que l’on devient, au bout de quelques années, spécialisé dans une matière. Pourtant, certaines zones d’ombre subsistent.

Ce qui n’est pas dit à l’étudiant lambda, et que le thésard apprendra bien plus tard lorsqu’il sera passé de l’autre côté de la barrière, c’est qu’une université ou un laboratoire de recherche a besoin de thésards pour obtenir certains financements liés à la recherche. Un enseignant HDR (habilité à diriger des recherches) a aussi besoin de doctorants s’il veut montrer dans son milieu qu’il a les reins assez solide pour devenir quelqu’un de plus important encore. La question que le thésard est en droit de se poser, et que je me suis moi-même posé en fin de thèse, est « ai-je été incité à faire une thèse (au-delà de toute volonté personnelle) pour rentrer dans les statistiques ? Avais-je véritablement les compétences pour la faire ou suis-je simplement un pion qui sert uniquement à l’administration à récupérer des subventions ? ». On se rassure en se disant que, fondamentalement, on a certains mérites qui ont joué en notre faveur et qui ont très probablement pesé dans la décision du directeur de thèse de vous permettre de rentrer en thèse (il s’agit principalement du classement en Master II). Mais la question reste tout de même posée.

Ce qui n’est pas dit également, c’est le nombre de postes qui seront effectivement disponibles en fin de parcours, si le thésard arrive, tant bien que mal, à se hisser douloureusement jusqu’au CNU (Conseil National des Universités, qui donne le sésame tant espérer : le titre de maître de conférences). En effet, on est bien loin des informations obtenues. On vous montre le sommet et la direction à suivre pour l’atteindre mais on ne vous dit pas qu’il n’y a pas de place en haut pour y poser sa tente. Ce genre d’informations tourne naturellement entre thésards, et même certains enseignants vous l’avouent, généralement plusieurs mois après que vous vous soyez inscrit. Mais il reste curieux que cela ne soit pas forcément dit clairement avant. Peu importe, on est dans le bain. Autant faire en sorte de ne pas se noyer et d’essayer de se construire un radeau.

Ce qui est clairement passé sous silence, enfin, c’est ce que l’on peut faire avec une thèse en dehors de l’enseignement. Car, bien évidemment, comme j’ai commencé à l’expliquer précédemment, beaucoup de thésards resteront sur le carreau : abandon en cours de thèse, refus de présenter un dossier au CNU, recalage devant le CNU… les raisons sont nombreuses. L’étudiant avisé constatera parfois, dans son entourage, que certains enseignants cumulent la fonction d’avocat et d’enseignant, et cherchera peut-être à savoir pourquoi. En dehors de ça, il faut chercher… les indices sont peu nombreux et il faut avoir une idée précise du « plan B » que l’on souhaite mettre en œuvre si on ne veut pas errer en post-doc sans véritable objectif et sans forcément énormément de chances d’aboutir à un poste de maître de conférences.

J’ai souhaité pour ma part m’engager vers le barreau, tout en « terminant » mes études, c’est-à-dire obtenir le dernier diplôme disponible en droit. L’enseignement n’était qu’un bonus plaisant, une façon de faire comme les enseignants cumulards que j’ai eu en cours et qui me paraissaient allier intelligemment théorie et pratique. Le plan B a finalement disparu pour ne laisser que le plan A. Et c’est bien comme ça.

II – Une trilogie importante

Dès le début de la thèse (voire même avant), 3 étapes s’imposent d’elles-mêmes à l’étudiant :

–          Déterminer le domaine dans lequel la thèse sera effectuée

–          Choisir un directeur de thèse

–          Déterminer avec lui le sujet de thèse

Je dis « Déterminer le domaine dans lequel la thèse sera effectuée » car cela ne va pas toujours de soi. Pour un étudiant spécialisé en droit civil par exemple, il a à disposition autant de domaines possibles que de codes en France. J’exagère peut-être un peu mais, globalement, il aura accès à une bonne dizaine de matières : Droit des contrats, droit des contrats spéciaux, responsabilité civile, régimes matrimoniaux, successions, libéralités, introduction au droit privé… Et le doute peut être présent lorsque, à ma manière, on est issu d’un master qui a, de manière presque égalitaire, tenté de développer vos compétences en droit de l’Union européenne, en droit international privé et en droits de l’Homme. L’important, à ce moment-là, est de choisir un domaine qui permette au futur docteur de faire valoir une expertise pratique auprès de professionnels, dans l’hypothèse où la voie de l’enseignement ne lui serait pas ouverte. Encore une fois, un élément qui est rarement (voire jamais) expliqué aux jeunes thésards.

A côté de ce premier choix (qui sera réalisé assez rapidement en règle générale), choisir un directeur de thèse reste l’élément le plus déterminant pour la suite des choses. Qu’on se comprenne bien : le directeur de thèse peut faire des miracles et vous ouvrir les portes de l’enseignement (tout du moins vous déverrouiller la porte) ou tout simplement vous jeter dans les oubliettes et faire barrage. Il faut bien l’avoir en tête car de lui dépend la suite des choses. Ne pas être en accord avec son directeur sur la démarche à suivre, tomber sur quelqu’un qui vous « impose » de développer ses idées, qui vous fait de grands sourires par devant mais vous flingue par derrière, vous a pris en thèse par pure esprit de statistique… sont autant de raisons qui peuvent vous conduire dans le mur. Et, sincèrement, écrire une thèse qui peut s’affranchir de l’opinion de son directeur, tant sa qualité est bonne, n’est pas dû à tout le monde.

Je me souviens encore de ce collègue, qui avait été mon chargé de TD quelques années auparavant et qui m’a toujours paru brillant (je le considère encore aujourd’hui comme quelqu’un de doué), se faire « lâcher » par son directeur et se faire plier en quatre par le président du jury, à la carrière bien longue et très connu dans le milieu, qui lui a lancé un cinglant « Vous m’avez cité page XXX. Si j’avais une chose sur laquelle je reviendrais dans toute ma carrière, ça serait bien cette phrase » (simplement hallucinant et insupportable ; comme s’il fallait appeler toutes les personnes que l’on cite avant sa soutenance et leur demander si leurs propos sont toujours d’actualité). Autant dire que l’affaire était réglée pour mon collègue…

D’autres exemples pourraient être cités, mais cela ne servirait pas à grand-chose.

Enfin, choisir son sujet peut paraître d’une difficulté extrême. Pour autant, et pour ma part, j’ai toujours eu le réflexe de demander à ce que mon « encadrant » me propose des sujets car il est le mieux à même de connaître les actualités pertinentes, en tout cas celles qui permettent d’écrire 500 pages dessus et qui vont attirer l’attention du corps enseignant. Là encore, comme pour le domaine d’étude, l’intérêt d’un sujet pratique, assez ouvert pour intéresser des professionnels divers et variés, est, à mon sens, capital. Si le CNU le recale, le thésard sera bien content d’avoir une expertise en droit des contrats ou en droit de la concurrence. Il le sera moins si son sujet ne pourra pas être « recyclé » ou ne pourra l’être que dans le cadre d’une profession qu’il ne pourra que difficilement intégrer (Travailler sur un sujet intéressant les Huissiers de justice par exemple est intéressant mais peut causer certains soucis au thésard recalé par le CNU car, à moins de tenter le concours, assez difficile il est vrai, d’Huissier de justice, il est bon pour retrouver un statut de généraliste auprès des professionnels qu’il côtoiera).

Une fois ces étapes franchies, l’étudiant est prêt à gravir la montagne qu’il a face à lui. Faut-il encore qu’il survive aux obstacles qui vont se dresser face à lui.

III – Le réseau fait tout, sauf le talent

« Welcome to the jungle » pourrait-on lire à l’entrée du couloir menant aux bureaux des doctorants. L’image très lice que l’on peut avoir du doctorant, généralement chargé de TD, n’est pas toujours proche de la réalité.

Au fil des mois, des années, pendant lesquels le doctorant va travailler sa thèse, celui-ci va devoir faire face à la concurrence, parfois exacerbée, qui règne dans le milieu des « pré-enseignants-pas-sûrs-de-l’être ». Comme je l’ai expliqué, les places sont chères et certains ont bien compris qu’en bossant dans un domaine où les doctorants sont généralement peu nombreux, les chances d’obtenir le saint graal sont multipliées par 10 (Le système universitaire français produit chaque année de nombreuses thèses de droit civil. Difficile de se faire une place en la matière. Travailler en droit de l’Homme ou en droit international public, par contre, règle en partie la question du nombre et décuple les chances d’aboutir à quelque chose à la fin du doctorat).

J’ai pour ma part choisi de faire une thèse en droit international privé, domaine assez pratique (le sujet choisi l’était aussi), dominé malheureusement par une caste d’enseignants essentiellement parisiens (expatriés ou non en province) qui rechignent parfois à faire rentrer dans leur « famille » des provinciaux et qui, en tout état de cause, font la pluie et le beau temps dans cette matière. Autant dire que pour se faire sa place au soleil, il faut se faire connaître de cette famille et la première étape en la matière est de bien se faire voir de son directeur (chose élémentaire, il va sans dire) car, rappelons-le, il a la maîtrise de votre destin et peut vous permettre de vous intégrer à cette caste. La seconde étape est de bien se faire voir des autres enseignants, principalement de ceux pour qui l’on travaille en tant que chargé de TD, car, dans le milieu enseignant, tout se sait et même si vous avez un bon feeling avec votre directeur de thèse, il n’est pas dit que vos échecs en tant qu’enseignant ne lui parviennent pas un jour aux oreilles.

Je me rappelle en la matière des propos d’une enseignante, que je respecte beaucoup, et qui avait eu ce conseil avisé pour les futurs thésards : « Quoi que l’on vous demande, faite le. Si c’est quelque chose qui ne vous plaît pas, faite le quand même. Vous ferez en sorte, la prochaine fois, de ne pas avoir à le faire ». En d’autres termes, il faut plaire, à tout prix, et surtout (logique) ne pas déplaire.

On assiste donc, chez certains collègues, à une suite totalement écœurante d’exercices de style consistant à démontrer à leurs directeurs de thèse et à tous les enseignants qu’ils croisent qu’ils sont les plus serviles, les meilleurs chargés de TD, les meilleurs futurs collègues, qu’ils ont un sourire extra-bright et une compétence certaine pour introduire une pièce de 50 centimes dans la machine à café… bref une dégringolade d’artifices parfaitement insupportables pour celles et ceux qui, comme moi, ont toujours considéré que l’habit ne faisait pas le moine et que les sourires d’une personne n’en faisaient pas nécessairement quelqu’un de fondamentalement intéressant. Et c’est sans compter les petites phrases que certain(e)s  pourront lancer sur vous, parce que la compétition veut que l’on passe devant l’autre, quitte à lui marcher dessus, et les épisodes, assez malheureux, où le moindre petit accroc dans votre aventure doctorale crée une satisfaction malsaine chez ces mêmes personnes.

Cette ambiance se ressent généralement lors de la soutenance : D’un côté les ami(e)s, de l’autre ceux qui sont là uniquement pour voir si vous allez vous faire descendre (et donc représenter une menace en moins devant le CNU).

Pourquoi, me direz-vous, une telle attitude, une telle servilité ? Tout simplement parce qu’il est de notoriété semi-publique chez les doctorants que le statut de maître de conférences s’acquiert plus par le réseau que par les compétences intrinsèques du doctorant. Se différencier par sa compétence, c’est tenter l’agrégation. Pour le reste, le thésard peut continuer de faire de grands sourires, ça lui facilitera les choses (même si ça ne fait pas tout).

Et tout commence par le choix des TD que le thésard / chargé de TD va faire. Celui-ci se met en contact avec l’enseignant chargé de la matière dans laquelle il veut faire des TD et, en fonction de la demande, il se voit attribuer un certain nombre de groupes. Et, là encore, le cirage de pompe / le réseau paye. Sans parler des chargés de TD d’autres facultés (principalement parisiennes) qui sont littéralement parachutés grâce à l’appui d’un enseignant local, on peut constater, parfois, que certains TD, parmi les plus prisés, sont attribués en priorité à des thésards nouvellement arrivés, sans expérience de l’enseignement, qui vont en définitive offrir à des étudiants pleins d’espoir des prestations parfois aberrantes (Il est parfois instructif, lors d’un changement de salle, de passer derrière un jeune collègue qui a oublié d’effacer son tableau en quittant la salle…). Cela arrive, notamment, lorsque le petit nouveau a ses entrées auprès du président du département chargé de la « validation » des enseignements choisis par les chargés de TD ou a pour directeur de thèse un enseignant qui fait la pluie et le beau temps (et sait imposer ses thésards).

Autant dire que votre privilège d’ancienneté qui veut, en règle général, que vous choisissiez vos TD en priorité (afin de vous faciliter la vie en fin de thèse et vous permettre de préparer votre soutenance convenablement), vole en éclat. C’est comme cela que vous pouvez vous retrouver, l’année de votre soutenance, à devoir gérer X groupes dans X matières différentes, là où logiquement votre service devrait être fait de telle manière à vous alléger un peu votre charge de travail. Expérience personnelle ? Pas seulement. D’autres ont également été dans cette situation assez déplaisante.

Il est parfois difficile de comprendre celles et ceux qui agissent comme des paillassons, surtout lorsqu’en définitive, on sait que le CNU leur claquera peut-être la porte au nez. « Peut-être » car le système reste assez hallucinant.

Quelques exemples marquants, qui mettent en lumière l’absurdité de ce système intrinsèquement vérolé :

Un maître de conférences, dont la durée de thèse a dépassé très largement le délai réglementaire de 3 ans (de 5 ans si l’on compte la prolongation légale via un poste d’ATER / Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche) – en l’espèce, on se rapprochait plus de 13 ans…. No comment – a pu décrocher un poste en droit malgré un parcours orienté « Langues étrangères » et a même décroché un cours d’introduction au droit en première année alors qu’elle n’avait probablement jamais assisté elle-même à un tel cours. Grosse blague qui n’a pas fait rire longtemps lorsqu’il a été constaté, à plusieurs niveaux (de l’étudiant au professeur agrégé), qu’elle était en dehors des réalités et produisait un cours totalement inadapté. Comment en est-elle arrivée là ? Certains pensaient au piston. D’autres préféraient se taire.

Autre exemple : celui d’un collègue, devenu maître de conférences à Paris, à qui le président du jury d’agrégation a dit, lors de la première épreuve de ce concours (épreuve sur travaux, c’est-à-dire à partir de la thèse du docteur et des articles qu’il a écrits), « Votre thèse est tellement mauvaise que vous n’y arriverez jamais ». Stupeur et tremblement chez le doctorant qui s’intéresse un peu au sort de ses collègues : Mais pourquoi est-il devenu maître de conférences si sa thèse est si mauvaise que ça ?

Un dernier exemple : celui, là encore, d’une collègue, dont la thèse, qualifiée de « quasi-parfaite » lors de la soutenance, est écartée au CNU d’un revers de la main, les rapporteurs n’aimant pas le titre et n’ayant lu que de brefs passages de la thèse pour trouver quelques arguments justifiant leur décision finale.

Je ne parle même pas de la distorsion qu’il y a entre les règles établies en terme de durée de thèse (3 ans maximum, éventuellement rallongés d’une année en tant qu’ATER, renouvelable une fois, soit 5 ans en tout) et la réalité des choses (Un rapport d’une des sections du CNU, sur lequel j’étais tombé au cours de ma thèse, mettait en lumière, pour les personnes qualifiées en tant que maître de conférences, une durée moyenne de 7 ans de thèse…). Comme le disait une de mes collègues (au sujet de l’enseignante précitée) : « Moi aussi je peux faire un travail extraordinaire si on me laisse le temps qu’on lui a laissé ». Pas sûr qu’elle soit entendue…

Le thésard doit donc « lutter » contre le système et, parfois, contre ses propres collègues et il n’est pas rare qu’au bout de quelques mois les vieilles réflexions datant du passage collège / Lycée refassent surface : « Je rentre à la fac, la mentalité sera meilleure. Faux. Je rentre en Master, la mentalité sera meilleure. Encore faux. Je rentre en doctorat, la mentalité sera meilleure. Toujours faux ». Ca se cherche comme au collège, parfois pour des broutilles, mais, me direz-vous, c’est la triste réalité du milieu du travail et il n’y a rien d’extraordinaire là-dessus.

IV – Et après ? Le déluge ?

Fin de soutenance… enfin. Que faire ?

Pour ma part, la question ne se posait pas puisque l’enseignement n’était qu’une étape, non une fin en soi. Mais quid des autres ?

Quelques exemples qui montrent que, même après la soutenance, le « combat » continue.

Le premier est celui d’un ami, qualifié en tant que maître de conférences et recruté par une faculté. Sa thèse faisait de l’ombre à un enseignant qui a voulu faire barrage à sa qualification, à son recrutement et l’a menacé d’un recours en justice. La bêtise peut conduire loin, très loin. Je suis heureux qu’il en ait fini aujourd’hui avec cette histoire de jalousie de bas étage.

Le second est celui de cette collègue, que j’ai déjà cité et qui, comme je l’ai précédemment expliqué , s’est vu refuser la qualification au poste de maître de conférences par des rapporteurs peu consciencieux. Elle passe l’agrégation et survit à la première épreuve (la fameuse épreuve sur travaux, basée, notamment, sur la thèse). Un ultime pied de nez au CNU qui, voyant cela, se désavoue lui-même et la qualifie l’année suivante. Trop tard ! Elle n’a plus rien à prouver : elle vient de décrocher le titre de professeur agrégé, ce même titre que de nombreux maîtres de conférences sont avides d’obtenir (parfois en vain).

Elle souhaite par la suite enseigner dans sa faculté d’origine. Que nenni ! Les maîtres de conférences qui enseignent dans la matière sur laquelle porte sa thèse font barrage car ils ne veulent pas que celle qui est pour certain leur ancienne étudiante ne leur passe au-dessus de la tête et récupère les cours et les postes internes (directeur de laboratoire, président de section…) qu’ils ont mis tant de temps à obtenir. Jalousie ? Ecœurant !

* * *

En conclusion, « Enseignant » devrait plutôt s’écrire « En saignant » car il faut du courage pour arriver jusqu’au bout et supporter tout cela. J’ai pour ma part été relativement écœuré (mot que j’ai employé assez souvent il est vrai mais qui reflète bien mon sentiment) de mon expérience au sein de l’enseignement. Naturellement, certains trouveront ces propos rancuniers, aigris. Je leur répondrais que l’on est aigri lorsqu’on a perdu quelque chose que l’on voulait. Pour ma part, j’ai tout gagné en sortant de ce milieu.

Je terminerais ainsi par quelques bons souvenirs (liste non exhaustive) : tout ce que j’ai fait en dehors de la faculté, car le doctorat dégage du temps et permet de faire de nombreuses choses à côté, certains de mes ancien(ne)s étudiant(e)s qui sont en passe aujourd’hui de réussir leurs vies de juristes et, bien entendu, tout ce que j’ai vécu avec ces collègues qui n’ont pas voulu rentrer dans ce moule que j’ai décris et avec qui je suis majoritairement encore en contact !

Catégories :Incursion

Nouvelle catégorie disponible

4 décembre 2012 Laisser un commentaire

Voici une nouvelle catégorie intitulée « Incursion ».

Elle regroupe les articles portant sur des domaines parfois éloignés du monde ludique et qui n’ont naturellement pas leur place dans les autres catégories du blog.

Bonne lecture !

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