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Critique de « Batman : The Dark Knight rises »

Voici déjà quelques semaines que le dernier Batman est sorti dans les salles. Ce « Dark Knight Rises » méritait bien que l’on s’y arrête deux, trois minutes !

Quelques mots du scénario : Bruce Wayne est en « convalescence » depuis presque 8 ans, en raison des blessures qu’il a subies au fil de ses escapades nocturnes, et la criminalité a presque entièrement été éradiquée à Gotham City. Petit hic, un terroriste du nom de « Bane » surgit dans la ville pour y faire sa loi… Une bonne raison pour notre milliardaire playboy de renfiler le masque.

Avec ce nouveau film, Christopher Nolan, réalisateur des deux premiers Batman de cette saga (Batman begins & Batman : The Dark Knight), poursuit et conclut sa trilogie en nous offrant un Batman à la fois très personnel et convaincant (Toutefois, moins que le « Dark Knight » selon certains. Mais j’y reviendrai).

Très personnel car C. Nolan a pris quelques libertés avec le comics.

L’histoire de Bane, son image (très éloignée de l’armoire à glace au masque de catcheur. Son masque, à mi-chemin entre celui d’un lutteur et celui de Dark Vador peut faire sourire), ses liens avec Talia Al Ghul et la ligue des ombres sont autant de points sur lesquels le réalisateur s’est permis quelques « dérives »… sans compter les points nécessairement repris du Dark Knight qui s’écartaient déjà de la BD (s’accuser du meurtre d’Harvey Dent était un formidable levier pour la suite de la saga et, même si l’on retrouve à travers ça la culpabilité éprouvée par Bruce Wayne dans la déchéance de son ami, cette auto-accusation restait de la pure fiction). Je ne parlerai pas de la fin (pour ne pas spoiler), qui montre clairement jusqu’où cette conception personnelle du justicier est allée.

C. Nolan multiplie toutefois les clins d’œil, au grand plaisir des connaisseurs. On reconnaîtra les allusions à Mister Freeze dans le monologue de Blake (le policier curieux) dans le premier quart d’heure du film, ou bien encore celles à Gueule d’argile à travers le personnage de John Daggett. De la même manière, Bane brisant le dos de Batman reste un grand « classique » dans l’histoire du chevalier masqué et le double jeu de Talia Al Ghul (à la fois l’amante de Bruce Wayne et son plus fidèle ennemi) n’est pas totalement inconnu des lecteurs.

Convaincant par le jeu de certains acteurs (le cas « Marion Cotillard » sera envisagé à la fin) et parce que l’action y est toujours assez dense, même si, globalement, on est en deçà du Dark Knight.

Sur les acteurs, on ne peut qu’applaudir le jeu de Tom Hardy (Bane), d’Anne Hathaway (Catwoman) et de Michael Caine (Alfred) qui exploitent correctement leurs personnages et nous montrent, parfois, les failles qu’il peut y avoir en eux (bon, il est vrai que trouver des failles chez Bane est plus difficile mais ce n’est pas impossible ! L’explication de son histoire à la fin le prouve)

Sur l’action dans le film (petit bémol), les combats paraissent parfois moins spectaculaires, comme si, à la manière des jeux vidéos « Batman : Arkham Asylum » et « Batman : Arkham City », les ennemis attendaient tous leur tour pour se faire taper par le héros (ou même, chose beaucoup plus aberrante, pour utiliser leurs armes à feu !). Seul Bane tire son épingle du jeu en donnant de vraies roustes au héros (d’où peut-être une certaine incompréhension lorsque, diminué, Batman arrive quand même, à la fin, à vaincre cette force de la nature qui est à ce moment précis en pleine possession de ses moyens…).

De la même manière, alors que le deuxième opus créait une tension quasi permanente (la musique aidant beaucoup : Merci Hans Zimmer !), à travers les actes à la fois précis et destructeurs du Joker, le Dark Knight rises évolue par pics : la convalescence de Bruce Wayne ne permettant pas de conserver une telle tension, le réalisateur a entre-coupé les passages calmes avec des séquences plus ou moins fouillées où Bane se met en scène.

D’ailleurs, c’est peut-être là l’une des premières critiques que l’on pourrait faire à ce film. On peut avoir l’impression, à plusieurs reprises, que l’action se déroule en parallèle de l’histoire du héros. En convalescence dans la première partie du film, en prison vers la fin, souvent sans masque lorsqu’il se déplace, Bruce Wayne paraît plus spectateur qu’acteur. D’où cette nécessité de rééquilibrer le film en mettant en scène celles et ceux qui font l’action (Bane, Catwoman et Blake). Toutefois, la trame assez fouillie du scénario ne permet pas toujours de trouver une logique aux actions de ces « seconds couteaux » et le rééquilibrage du film se fait parfois au détriment de la clarté du scénario. Peut-être aurait-il été préférable de mettre davantage en avant le justicier masqué pour empêcher cela (puisque après tout, on sent qu’il a la volonté d’en finir, dans tous les sens du terme) ?

Peut-être est-ce là aussi la volonté de C. Nolan de montrer qu’un « héros », aussi bon soit il, ne peut pas tout, qu’il ne mérite pas forcément son titre et qu’il doit parfois laisser les autres faire le job à sa place. D’une certaine manière, c’est une façon d’annoncer qu’il va passer la main.

Et quelle passation de masque (deuxième critique in progress) ! Nous livrer, comme par magie, le deuxième prénom de Blake, « Robin », pour justifier la survie du justicier masqué à Gotham City, la ficelle est un peu grosse. Quitte à rester dans la logique, encore une fois très personnelle du réalisateur, la fin de Batman, sans cette continuité artificielle, aurait très bien pu être envisagée (Le Comics l’envisage bien d’ailleurs).

Peut-être certains éléments à la fin auraient mérité d’être plus travaillés (Attention au Spoile). Je pense notamment à la « défaite » de Bane, soufflé par le canon de la Batmoto (alors qu’il fait à lui-seul tout le film, il est promptement écarté du dénouement en une demi-seconde…), à la mort, si théâtrale (si ridicule !), de Talia Al Ghul (Je ne suis pas un grand fan de Marion Cotillard et je crois que l’interprétation de ce personnage ne va pas m’y aider. Je vous invite à lire ces pages ou à visionner ces vidéos sur le web qui tournent en ridicule son jeu d’actrice à ce moment du film), ou, comme je l’ai expliqué, à la transition Batman/Robin (on est loin du Comics où Batman met le pied à l’étriller du jeune Robin, l’entraîne, lui fait découvrir les ficelles du métier).

Pour conclure, je ne voudrais pas laisser entendre que ce dernier Batman est mauvais. S’il m’apparaît en effet moins bon que le Dark Knight (mais la barre avait vraiment été mise haute), ce film reste bien au contraire une bonne conclusion à une trilogie finement pensée, bien réalisée et, même si certains détails auraient clairement pu être revus, dans l’esprit de ce que l’on attend d’un film de Héros. On y découvre des acteurs peu habitués aux films de ce genre qui tirent leurs épingles du jeu (mention très spéciale à Michael Caine qui est particulièrement émouvant à plusieurs moments du film) dans une Gotham City aux relents de seconde guerre mondiale, fléau d’un héros en pleine perdition (très loin de l’image que l’on se fait de Batman). De belles performances, de tout point de vue, qui méritaient bien qu’on leur fasse honneur.

Bref, un film à voir, sinon à revoir.

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Catégories :Cinéma
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