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Prometheus / Promesses déçues ?

Petit débrief, assez tardif il est vrai, sur la suite de la quadralogie alien, sobrement intitulée « Prometheus ».

Presque 30 ans après la sortie d’A.L.I.E.N., Ridley Scott nous plonge à nouveau dans son univers si particulier où se côtoient prédateurs extraterrestres et technologies de haute volée. Le concept est relativement simple : il s’agit des préquelles de sa saga. L’auteur est « censé » nous expliquer comment tout est arrivé, comment l’équipe du Nostromo se retrouve face à l’épave d’un vaisseau en ruine qui renferme des jarres assez étranges, comment une créature a pour sale habitude de se scotcher au visage du premier venu pour permettre la naissance d’un « Huitième passager »… bref, l’auteur doit normalement fournir des réponses à ses fans.

Pourtant, Prometheus ne fera qu’accumuler un nombre impressionnant de questions s’ajoutant à celles déjà existantes.

L’origine de la vie selon Ridley Scott

Tout commence lorsqu’un extraterrestre (un « ingénieur » comme on nous le dira par la suite), après avoir vu un vaisseau s’éloigner, absorbe un liquide noir qui entraîne sa mort. Son corps chute dans un torrent et l’on voit son ADN se répandre au gré des courants marins. De quoi s’agit-il ? Pourquoi a-t-il fait ça ? Pourquoi nous montre-t-on ça ?

On comprend, non sans mal, que Ridley Scott a voulu expliquer « tout simplement » l’origine de la vie (d’où l’ADN qui se répand dans les eaux et, sous-entendu, donnera naissance aux premiers être organiques.. qui donneront eux-mêmes naissance au singe etc). « Pourquoi pas ? » me direz-vous. Paraît-il que le réalisateur voulait reprendre cette idée, déjà développée en littérature, selon laquelle l’humanité aurait été créée par des extraterrestres qui, régulièrement, nous enverraient des « émissaires » pour nous remettre sur le droit chemin (on compterait parmi eux un certain « Jésus », aux alentours de -33 avant lui-même…) Ridley Scott voulait aller au-delà d’un simple film d’extraterrestres. Il y est arrivé (enfin presque car ce n’est pas toujours très clair…)

Le speed Filming

Le film enchaîne sur la découverte, de nos jours (enfin presque 80 ans plus tard), par des explorateurs chevronnés, d’une peinture préhistorique représentant des êtres d’une taille assez conséquentes qui pointent du doigt un ensemble de points noirs. Peu importe qu’on vienne nous dire qu’il s’agisse de coordonnées spatiales, que cette même peinture se retrouve dans d’autres coins de la terre, chez différentes civilisations… la ficelle est trop grosse et rappelle un peu Alien vs Predator : le début va vite, très vite, presque trop vite. Le but est d’entrer le plus vite possible dans le vif du sujet, quitte à s’écarter de l’ambiance si particulière du premier Alien dont, rappelons-le, la mécanique se mettait doucement en place (les gens sont d’un pressé de nos jours !). Il est vrai que partir de la Terre pouvait ralentir le film qui est censé se passer dans l’espace…

Des rôles sous-exploités.

Ni une, ni deux, on se retrouve sur un vaisseau spatial (enfin !), dirigé par une Charlize Theron, toujours aussi belle, mais dont le rôle est paradoxalement très creux et définitivement sous exploité (quel intérêt de s’entourer de bons acteurs si c’est pour leur donner des rôles pareils ?). D’autres ont eu droit à ce traitement de défaveur : Guy Pearce, qui interprète le rôle de Peter Weyland (celui à l’origine de toute l’expédition), s’est fait vieillir pour apparaître à l’écran dans la dernière demi-heure. « Pourquoi ne pas avoir utilisé directement un acteur d’un certain âge ? » me direz-vous. Cela aurait été plus réaliste (les pieds d’un trentenaire, les mains d’un quadra et le visage d’un octo, ça fait quand même bizarre lorsqu’on le voit en vieillard la première fois). En fait, on le voit normalement dans une scène où son personnage apparaît jeune et où il explique à une foule en délire son projet d’avenir. Malheureusement, la scène a été coupée dans la version finale du film… d’où cette curieuse incohérence.

Dommage car les personnages de C. Theron et de G. Pearce étaient intéressants et auraient mérité des développements plus conséquents (cela aurait empêché que leurs performances ne soient occultées par celles de Noomi Rapace et, surtout, de Michael Fassbender qui crève littéralement l’écran)

Des gens qui courent et du pétrole sur le carrelage.

Mais revenons à nos moutons (enfin à nos aliens), on comprend très vite que les coordonnées mènent vers ce qui doit être vraisemblablement la planète visitée par l’équipe du Nostromo. Comme on s’y attend, l’équipe du Prometheus tombe sur un vaisseau rempli de jarres.

C’est là que les ennuis commencent réellement…

Lors de la visite du vaisseau, on voit, en hologramme, des « ingénieurs » courir après on ne sait pas quoi et l’un d’eux se faire décapiter. On ne nous expliquera pas l’origine de la décapitation…

Dans la salle des jarres, on nous dit que l’arrivée d’oxygène entraîne une réaction sur ces mêmes jarres qui commencent à suinter un liquide noir… (tiens, tiens, ça rappelle quelque chose). Pourquoi pas. On s’attend logiquement à voir surgir des facehuggers… (comme dans le 1 finalement) En réalité, non. Le liquide noir se répand par terre et c’est là, au sol, que commence à surgir ce qui doit être considéré comme la version primitive du facehugger (il ressemble plus à une anguille qu’à une araignée). D’où vient-il ? Difficile à dire. La différence de morphologie étonne également et on comprend mal comment cette créature a pu devenir celle d’Alien 1… (mais… mais… mon Dieu, il lui manque des pattes !!!!) Son rôle est d’ailleurs tout autre car cette nouvelle créature se limite à tuer (d’une façon assez brutale puisqu’elle s’enfonce dans la bouche de la victime… pas très propre comme mort).

Passons, passons…

Un robotraître (en un mot, oui môssieur !)

Michael Fassbender, qui incarne le cyborg traître (il y a toujours un cyborg à moitié traître dans le film, c’est récurrent), récupère une jarre et en extrait un liquide noir (tiens, tiens… encore…) qu’il fait ingérer à un de ses coéquipiers (encore une fois, pourquoi ?). Tiens, je croyais qu’il y avait des facehuggers dans les jarres ? Ah non, ça c’est dans Alien 1 ! Mais… mais… mais pourquoi on nous montre des jarres alors ? Ca confusionne monsieur, ça confusionne !

Comme s’il fallait enchaîner le dramatique sans laisser de temps mort dans le film, on nous montre des choses sans logique : Un coéquipier, qui est mort en voulant découper un facehugger (qui agressait un de ses amis), se réveille, la tête rongée par l’acide, plongée dans une folie extrême, et avec une force presque surhumaine. Pourquoi ? Mais pourquoi ? On n’est pas dans un film de super-héros (enfin je crois…)

L’origine des espèces selon R. Scott [la boucle est (presque) bouclée]

Le pire reste à venir (et je vous rassure, j’en resterais là). Le petit cowboy archéologue qui s’est fait « empoisonner » par M. Fassbender, a la bonne idée de coucher avec la scientifique de l’équipe que l’on suit pas à pas. La pauvre est contrainte de se faire enlever la chose à moitié poulpique qui grandit vitesse grand V dans son ventre et on s’aperçoit, à la toute fin du film, que cette chose s’accapare le corps d’un ingénieur fraichement tué pour en faire le réceptacle d’une nouvelle forme de vie. Et là, et là…. arrive le premier Alien ! Tindinnnnnnnnn !

En bref, pour résumer, on aboutit à cette illustration parfaitement curieuse qui démontre assez bien la complexité du processus de création d’un alien (on comprend mal pourquoi, dans la première salle que visite l’équipe du Prometheus, il y a un bas-relief représentant un alien… Au terme du film, on a plutôt l’impression que c’est le hasard des choses qui l’a amené là…) :

La fin… enfin ?

Que ce fameux ingénieur ne réintègre pas son fauteuil de commandant de bord (pour coller à Alien 1) n’est plus très grave au final. On n’est plus à une incohérence près…

Comme pour finir de nous achever le cerveau, Fassbender se fend d’un « il existe d’autres vaisseaux », permettant ainsi à l’héroïne scientifique de s’échapper (on ne sait comment) et encourageant certains fans de la saga à expliquer sur le net qu’en réalité, on n’était pas sur la même planète qu’Alien 1 ou qu’il s’agit bien de la bonne planète mais que le vaisseau d’Alien 1 n’est pas celui visité dans Prometheus… Tout un tas d’explications potentiellement insuffisantes qui ne sont là que pour rattraper un scénario peu cohérent.

Les réalisateurs ont décidément beaucoup de mal à ne pas saccager leurs propres œuvres quand ils en arrivent à vouloir faire une suite au cinéma, plusieurs dizaines d’années après !

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Catégories :Cinéma
  1. Dustin
    18 juillet 2012 à 17 h 55 min

    Hello, je ne suis pas très connaisseur en la matière, mais je crois deviner que vous n’aimez pas le film Prometheus, LOL. Et dire que je pensais avoir téléchargé la bonne version sur http://www.megavod.fr, je suis presque content de m’être trompé ! Il est si mauvais que ça ?

    • 19 juillet 2012 à 7 h 07 min

      « Mauvais » n’est pas le mot. Il est bien filmé, on retrouve certaines idées qui ont fait le succès de la saga. Mais le scénario est trop obscur pour le cinéphile standard et beaucoup trop irréaliste à certain moment (l’héroïne qui se fait opérer en urgence, de manière assez barbare, se fait recoudre à coup d’agrafes de BTP et qui, 2 min après, tape un sprint dans les couloirs du vaisseaux, c’est un peu gros… Ou alors l’anesthésique est vraiment très puissant !!)
      Même l’ouvrage sur le film qui est sorti quelques semaines après ne permet pas de comprendre les choix qui ont été faits (A le lire, on a plus l’impression que le réalisateur a mis un tas de trucs dans son film pour la simple raison qu’il trouvait ça sympa…)

  2. darkfred76
    9 septembre 2012 à 18 h 41 min

    A suivre dans Prometheus 2: « Paradise ». On aura certainement des réponses à tout ce bordel…

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